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Conférence du 10 mars 2017 à Rousset-les-vignes

L’offensive Broussilov et la bataille de la Somme 

Pour 1916, les Alliés préparaient une nouvelle offensive double contre l’Allemagne et l’Autriche. Les Russes devaient attaquer les Autrichiens en Galicie pour obliger les Allemands à les aider. Ainsi lorsque les Allemands auraient retiré des forces et de la sorte affaibli le front à l’ouest, il y aurait alors une forte offensive pour ouvrir une brèche dans la position allemande. L’offensive russe sous Broussilov commença en juin, l’offensive anglaise de la Somme en juillet. Les deux offensives échouaient avec des pertes considérables, surtout pour les Russes et les Anglais.

L’empereur François Joseph et le Premier Ministre Lloyd George 

François Joseph, empereur d’Autriche depuis 1848, était décédé le 21 novembre 1916. La monarchie austro-hongroise s’en retrouvait affaiblie. À Londres, après une crise du gouvernement libéral, David Lloyd George forma un nouveau gouvernement libéral – conservateur. Il était à la fois Premier ministre et ministre de la guerre, et il était convaincu de mener la guerre jusqu’à la victoire totale et la chute des gouvernements impériaux.

Hindenburg et Ludendorff au commandement suprême août 1916 

Hindenburg et Ludendorff, le vieux et le jeune, le nonchalant et l’actif, avaient gagné des batailles et de la renommée contre les Russes sur le front de l’Est. En août 1916, l’empereur les nomma au commandement suprême, la « Oberste Heeresleitung » (OHL). Ludendorff ne voulait pas de paix avant la victoire, pas d’interférence de la politique. La guerre, c’était la responsabilité des militaires. Le peuple devait servir et souffrir pour la victoire finale et totale. L’empereur Guillaume se mettait toujours du côté des militaires, les politiques perdaient influence et autonomie.

Le chancelier von Bethmann-Hollweg et la guerre sous-marine totale 

Bethmann ne croyait plus à la victoire totale, et le 16 décembre 1916, il offrit, dans un discours au Reichstag, des négociations de paix avec le président Wilson comme médiateur. Mais il n’obtenait pas de réponse. Le 9 janvier 1917, le Conseil Impérial, le « Kronrat », décida avec l’Empereur et les militaires et contre l’avis du chancelier la guerre totale soumarine sur l’Atlantique. L’Allemagne souffrait du blocus anglais, et en détruisant tous les bateaux, civils ou militaires, sur l’Atlantique, les militaires prédisaient l’effondrement économique de la France et de l’Angleterre en deux mois. Le chancelier craignait la déclaration de guerre des États-Unis, mais les militaires répondaient, qu’ils gagneraient ainsi la guerre avant que le premier soldat américain n’arrive en Europe. L’Allemagne offrit même une alliance au Mexique en lui promettant les provinces qui lui avaient autrefois appartenu, comme le Texas ou l’Arizona, si le Mexique attaquait les États-Unis. Les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne le 16 avril 1917. La guerre sous-marine totale n’obtenait pas les résultats promis par les militaires. Par contre, la réputation internationale de l’Allemagne auprès des pays neutres était très endommagée, comme Bethmann l’avait prédit. Les premiers soldats américains arrivèrent en juin 1917.

La première révolution russe (révolution de février) 

La catastrophe de l’offensive Broussilov avait accéléré l’effondrement de la monarchie du tsar. L’armée était affaiblie par un manque d’officiers, de sous-officiers, de professionnels et d’armes. Le peuple voulait la paix, les jeunes recrues ne voulaient plus combattre, le peuple attendait la réforme des terres et possessions agricoles. Mais le tsar était trop engagé avec les Alliés, il avait promis de ne jamais faire une paix séparée. Une grève à Petrograde adoptée par les soldats provoqua la chute du Tsar le 3 mars (dans notre calendrier) 1917. Le nouveau gouvernement sous l’influence de Kerenski, le chef du parti socialiste menchevik, se sentit obligé de continuer la guerre, en partie, parce que la Russie était très endettée auprès des Alliés, en partie parce qu’il se finançait par de l’argent prêté surtout par l’Angleterre. À la demande des alliés, Kerenski lança une offensive le 29 mai, mais elle échoua et montra que la Russie ne pouvait plus continuer la guerre. Par cette offensive, Kerenski affaiblit la position de son gouvernement et son autorité. Les grèves et les émeutes se multipliaient.

L’offensive Nivelle 

Les Alliés avaient décidé la reprise de l’offensive de l’année précédente pour percer les positions allemandes. Cette offensive était préparée par Robert Nivelle, partisan de la doctrine de l’offensive à outrance et successeur de Joffre comme commandant de l’armée française depuis le 25 décembre. Il se disait qu’il montrait peu de respect pour la vie des soldats, on l’appelait « le boucher ». L’offensive russe était un élément nécessaire à ce plan, parce qu’elle devait forcer les Allemands à envoyer des troupes à l’est. A l’ouest, les Anglais commenҫaient avec une offensive à Arras en avril 1917, les Français attaquaient dès le 16 avril dans la seconde bataille de l’Aisne, aussi appelée la bataille du Chemin des Dames ou offensive Nivelle : « L’heure est venue, confiance, courage et vive la France ! ». Mais l’offensive échoua, les pertes étaient désastreuses, et dans l’armée commençaient des mutineries. La politique réagit très vite. Nivelle fut remplacé par Philippe Pétain le 17 mai 1917. Pétain était contre l’offensive à outrance, le Défenseur de Verdun avait la confiance des soldats, il s’occupait de leur armement et de leur nourriture. Il terminait les mutineries en faisant fusiller 49 soldats, dont certains pour l’exemple. 

La chute du chancelier von Bethmann et la Résolution de paix 

Le chancelier Theobald von Bethmann-Hollweg n’avait plus la confiance de l’empereur et Ludendorff le haïssait et lui retira des compétences. Ainsi il donna sa démission le 3 juillet 1917. Son successeur Georg Michaelis était un protégé de Ludendorff. Ludendorff était maintenant le chef secret du gouvernement civil. Le Reichstag, le Parlement, avait peu d’influence sur le gouvernement et pas du tout sur l’appareil militaire. Le 17 juillet, une majorité centre-gauche adopta une résolution de paix

« Le Reichstag veut un accord et une réconciliation durable entre les peuples. Avec une telle paix, des annexions forcées et des violations politiques, économiques ou financières sont incompatibles. Le Reichstag est aussi contre des plans de blocus économiques et d’hostilité entre les peuples après la guerre. »

Cette résolution n’avait pas d’influence sur la politique allemande et pas de réponse du côté allié. Mais la majorité centre–gauche sera celle de la République d’après-guerre.

Lénine et la révolution d’octobre en Russie 

Lénine, chef du parti bolchevik, était depuis 1916 à Zurich. Il voulait remplacer la guerre impérialiste par la guerre civile, la Révolution. Le gouvernement allemand prit contact avec lui et le transporta avec Trotsky en train jusqu’en Finlande. Lénine œuvra contre Kerenski avec la formule « Paix sans annexions ni contributions », mais aussi avec un soutien financier allemand. Le 7 novembre ( 25 octobre dans le calendrier russe ), après une révolte militaire, Lénine prit le pouvoir et déclara que la guerre était finie. Dans la paix de Brest-Litowsk, en janvier 1918, le gouvernement bolchevik reconnut le principe de la souveraineté nationale et les pays autonomes (Pologne, Finlande, Ukraine). Alors, l’Allemagne pouvait se concentrer sur le front ouest.

Clémenceau, Président du Conseil 

Georges Clémenceau, député radical depuis 1871, sénateur, ministre de l’Intérieur et Président du Conseil, redevint Président du Conseil le 16 novembre 1917 avec un gouvernement du centre. Il était lui-même ministre de la guerre. Il affirma la fin des campagnes pacifistes : « Ni trahison, ni demi-trahison, la guerre ! » Son concurrent socialiste Caillaux favorable à des pourparlers de paix, fut arrêté comme traître. Pour continuer la guerre efficacement, Clémenceau eut le droit de gouverner par décret. Il agit contre toutes les actions de grève ou de mutinerie. Il soumit toute l’économie aux besoins de la guerre.

La fin 1918 

L’Allemagne était enfin dans la situation de concentrer toutes ses forces sur le front de l’ouest. Ludendorff était certain que l’armée allemande pourrait maintenant reprendre l’offensive et gagner la guerre. L’offensive devait commencer le 21 mars 1918 mais l’armée allemande était mal nourrie et mal équipée. Les Alliés étaient soutenus par un million de soldats américains bien équipés et l’offensive échoua. Le 29 septembre, Ludendorff avait enfin compris que la guerre était perdue, et il demanda au Conseil impérial que les politiques sollicitent immédiatement un armistice. Le nouveau Chancelier Prinz Max von Baden était maintenant responsable.

Hansjörg Frommer

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