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Chacun de ces meurtres est une abjection. L’émotion est grande – deux de mes amies venaient de refermer la porte-cochère de leur immeuble rue de la Fontaine au Roy quand les premières salves de balles meurtrières ont ricoché sur la façade de leur habitation. Il serait vain de prétendre épuiser le sens du destin de chacune de ces victimes innocentes, tant l’objectif de ces assassins est et restera de désinscrire la vie.

À l’émotion s’ajoute la colère que l’esprit doit supporter d’avoir à subir de pareilles horreurs. Depuis cette nuit, aussi souvent que je renouvelle ma confiance à savoir trouver des réponses au pour quoi de la terreur, je n’en suis que plus gravement assailli de doutes. Bien entendu la tentation de faire des amalgames doit être écartée. Ma conscience me dit que nous ne pouvons refaire ce que fut le 11 janvier après les attentats de Charlie. Sans doute sommes-nous déjà nombreux aujourd’hui à envisager qu’il faille trouver les capacités d’inventer et de penser autrement dans le contexte actuel. Ainsi, serions capables de compassion devant nos frères musulmans qui souffrent de se savoir à ce point stigmatisé ? Ces crimes contre la chair et l’esprit affligent nos consciences; ces crimes odieux sont perpétrés par des assassins qui ont un manque de discernement absolu dans tous leurs membres jusque dans leur tête.

Jean Philippe Kempf 

 

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